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Médecine Légale, Anthropologie, Analyse ADN ... Enquêtrice, je fais la lumière sur la moindre zone d'ombre ayant assombrie les plus grandes heures de l'Histoire.

Histoire, les Enquêtes Oubliées

Médecine Légale, Anthropologie, Analyse ADN ... Enquêtrice, je fais la lumière sur la moindre zone d'ombre ayant assombrie les plus grandes heures de l'Histoire.

Rites funéraires en Afrique - le voyage des âmes.

La mort vue de l'occident

 

S’il existe une multitude d’incertitudes dans notre vie, il y en est une qui encore aujourd’hui dépasse toute les recherches scientifiques faites à son sujet. Et si dans notre quotidien nous évoquons régulièrement notre rapport avec elle, le contact direct avec la mort est rare. Accident, soins palliatifs. Bien souvent nous préférons ignorer cet aspect de la vie humaine et de la finalité de celle-ci. Et sommes à juste titre bien souvent démunis lorsque la faucheuse prend soudainement ses quartiers dans notre vie quotidienne. Souvent tabou et obscure dans notre société occidentale, la mort est au contraire une source d’intérêt et de profond respect dans une multitudes de cultures à travers le monde.  Au cours du XIXe siècle, avec le développement de la philosophie naturelle, de l'anatomie ou encore du décadentisme (mouvement littéraire et artistique se développant en France les vingt dernières années du XIXᵉ Siècle), cet intérêt deviendra propre à la culture occidentale. Depuis, est-ce par sensibilité que nous sommes devenus plus fermé à ce sujet ? Est-ce pour nous rassurer ? nous convaincre que de ne pas y penser est la bonne méthode pour ne pas faire face à la mort ? Et si au contraire, y penser, en parler, en faire un élément clé de notre vie nous permettrais de l’appréhender sous un angle beaucoup plus serein ?  N’oublions pas que la mort fait partie de notre vie et que chacun d’entre nous est destiné à la côtoyer de près un jour ou l’autre, que cela nous plaise ou non.

 

 

La mort clinique : les fonctions vitales déclinent une après une, le rythme cardiaque et la respiration sont interrompus. L’activité cérébrale n’est plus. Plus communément appelé « mort cérébrale ». En d’autres termes, l'activité électrique du cerveau s’arrête brusquement et entièrement. Et même si votre activité biologique est maintenue artificiellement une telle mort est irréversible. Pâleur, rigidité, diminution de la température corporelle sont les signes de la mort biologique.

La mort cellulaire : la mort cellulaire est une étape dans laquelle le corps commence à se décomposer. Elle débute peu de temps après la mort et fait partie d’un des premiers stades de la mort biologique. Les bactéries qui vivent dans les intestins se libèrent car le corps ne peut plus se défendre, commencent également à se nourrir de leur hôte. Et le sang ? et bien le sang quant à lui est, comme tout sur cette planète, sujet aux lois de la gravité, et se concentre ainsi, au moment de la mort, vers le point le plus bas du corps. La température corporelle diminuant, le sang s’épaissit et se transforme en une consistance gélatineuse. Au bout de 12 heures, des taches bleu-violet apparaitront.

 

L’autopsie, Dans le cas d’une mort non élucidée, l’examen post-mortem est effectué, ou l’autopsie afin de déterminer la cause du décès. Les médecins légistes examineront tout le corps et remarqueront quelques caractéristiques tels que tatouages, cicatrices, antécédents médicaux, chirurgie. Ils rechercheront donc à confronter entre eux les différents indices retrouvé sur le corps : un traumatisme, une blessure à la tête, des marques d'aiguille et ainsi de suite. Après cela, place à a « enquête interne », une première incision du sternum jusqu'à l'os du pubis sera effectuée. L'incision ne doit pas être visible lorsque le cadavre est habillé.

Une fois tous les « composants » pathologiques décryptés, les causes de la mort sont recherchées, tel que des artères obstruées par exemple, des traces de traumatisme, d’empoisonnement, une surdose ou même tumeur non détectée du vivant de la personne. La découverte d’une tumeur est une information extrêmement importante, car elles ont souvent une origine génétique, et les proches du défunt doivent alors en être avertis. Le cerveau est extrait par une petite trappe à l'arrière de la tête que l’on incise au moment de l’autopsie. Le cerveau en lui-même est l’une des parties du corps la plus délicate à extraire et il est traité avec beaucoup d'attention. Si les cause de la mort sont claires et compréhensibles, des échantillons de tissus sont prélevés, un certificat stipulant les causes du décès est alors délivré. Pendant ce temps, le corps est soigneusement recousu et préparé pour l'enterrement.

 

L’embaumement

Une fois l’autopsie réalisée et les causes de la mort déterminées, le processus d’embaumement peut alors débuter. Cependant, cela ne se passe pas tout à fait comme au temps de l’Egypte Antique.  Néanmoins, le processus d’embaumement assure à votre famille des adieux décents. Le produit d’embaumement est constitué de formaldéhyde, de méthanol et de quelques autres composants chimiques. Habituellement, il contient de l'eau, mais les méthodes les plus efficaces et les moins coûteuses pour l’embaumement sont anhydres (Ne contenant que très peu d’eau.). Elles permettent également une bien meilleure conservation du corps. Une méthode contenant divers colorants sera également injectée, au lieu de la pâleur mortelle, elle permettra d’apporter une mine (adaptée à la couleur de peau originel) bien plus sereine au défunt. Une petite incision dans le cou, aux aisselles ou à l'aine sera effectuée afin de permettre un accès aux artère carotides, fémorales et artères brachiales. Le fluide d’embaumement est alors injecté, remplaçant ainsi le sang. Ce processus prend environ une heure. Ensuite, le liquide est drainé par la cavité principale du corps et est remplacé par un autre, qui celui-ci permettra le ralentissement du processus de décomposition. Enfin, en fonction de la religion le corps est soigneusement lavé par un employé des pompes funèbres, un sikh, un proche du défunt ou encore, un imam.

 

Le nez et la bouche sont comblés de coton afin d’empêcher l'infiltration d'humidité. La bouche est également cousue. Les yeux sont refermés le plus souvent à l’aide d’une colle adaptée à la peau humaine, de petits bouchons oculaires sont insérés sous la paupière afin d’éviter la possibilité que ceux-ci s’ouvrent accidentellement. En général, tout est fait pour maintenir l'image d’un corps en plein sommeil profond mais serein.

 

 La décomposition

Quoi qu’il arrive le corps débutera son processus de décomposition dû à la libération des bactéries présentes dans le corps et à l’environnement dans lequel le décès intervient, en particulier si le décès est survenu à l’extérieur. La décomposition commence quelques minutes après la mort. Une fois l’arrêt sanguin, le corps n’est plus alimenté en oxygène. Les enzymes commencent alors à digérer la membrane cellulaire. Ce sont ces mêmes enzymes qui sont l'origine de la décoloration du corps. La rigidité cadavérique ou rigor mortis est l’étape suivant, les acides nucléiques décomposent les protéines dans les fibres musculaires. Une fois que les muscles commencent à se décomposer, le rigor mortis disparait et le corps retrouve son élasticité. A ce stade de la décomposition des Billions de bactéries vivant dans le corps humain tout au long de la vie, seront à nouveau libres. Les membranes cellulaires commencent à se dégrader, et lance ainsi leur propre processus de décomposition. Débute alors le stade initial de « l’Autodigestion » de nombreuses formes de sucres, sels, liquides et de bactéries anaérobies qui ont récemment été libérés de l'intestin. En général, les bactéries se nourrissent du sucre présent naturellement dans le corps et qui dans ce cas auront fermentés et forment divers gaz impurs tels que le sulfure d'hydrogène et l’ammoniac.

 

Comme les bactéries commencent à se décomposer, l’hémoglobine du sang colore la peau d’un bigarré de couleur vert foncé. Tous ces processus sont générateurs de gaz et provoquent ainsi le gonflement du corps. En conséquence, la pression présente dans le corps va s’accumuler, et les gaz et les liquides s’écouleront. Une fois l’écoulement produit, la peau commence à se relâcher, et des taches noires apparaissent sur le corps. Arrivé à un certain stade de la décomposition, le corps devient tout simplement irrésistible à toute créature à la recherche de l'endroit idéal pour pondre ses œufs. Les mouches pondent des centaines d'œufs qui éclosent de centaines d'asticots. Cette présence en très grand nombre d’asticot dans le corps peut augmenter sa température d’environ 10 degrés Celsius. Cela signifie que les larves doivent constamment changer d’emplacement, afin de ne pas cuire dans le corps.  Se développent ensuite les mouches, qui, à leur tour, pondent des œufs à nouveau. Ce processus est répété jusqu'à ce que, jusqu'à ce la chair et la peau ne soit plus en quantité assez importante pour subvenir au besoin de toute la colonie. Cependant, les larves attireront toutes sortes de nouveaux prédateurs tel que les fourmis, les guêpes et les araignées et même de petits mammifères. Tout un nouvel écosystème sera recréé autour du corps en décomposition.

A noter qu’un crâne, étant particulièrement riche en azote saturé ne permettra pas la repousse de plante à proximité dans l’immédiat mais après un certain temps le sol est, au contraire, extrêmement fertile, ce qui contribue à la croissance des champignons, plantes, etc. En fin de compte, toute l'énergie d'un corps retourne à la nature, là où, originellement il aura trouvé naissance. Dans la tourbe l'ensemble des acides humiques présents permettent une dissolution complète des minéraux présent dans le corps (les os conservent alors la même texture que le cartilage, fragile mais souple à la fois), mais assure également un effet de tannage sur les tissus mous. L’acidité présente, permet également la destruction totale des quelques bactéries anaérobies. Il n’y a aucune présence d’oxygène, et par conséquent, en raison de l'absence d'oxydant, les tissus ne peuvent débuter le processus naturel de décomposition. Les sols argileux contribueront également à protéger le corps contre l'oxygène, et donc ralentiront le processus de décomposition. A contrario les sols friables, vont considérablement accélérer ce processus. Généralement il faudra 10 à 15 années pour qu’un corps se décompose. Dans des conditions extrêmement chaudes et arides, les bactéries ne seront pas en mesure de détruire les tissus du corps, ils les déshydrateront seulement. Quand les anciens Egyptiens enterraient leurs morts dans le sable chaud du désert, le corps se conservait beaucoup plus efficacement que dans un milieu clos sombre et humide tel qu’une pyramide. Au final, tous les organes sont détruits, ils se décomposent et retournent en poussière.

Le poids de l’âme

En 1907 le Dr Duncan McDougall souhaiter faire des expériences afin de mesurer physiquement le poids de l'âme en faisant la comparaison du poids du corps, avant et après la mort. Cette âme il l’estimera à 21g, mais lorsqu'il fera la même expérience sur des chiens, il n’obtiendra aucun résultat. Il en déduira ainsi que seul les humains ont une âme. Cette expérience relève bien entendu beaucoup plus d’un fait insolite que scientifique. Ces calculs seront dès le départ entièrement faussés puisque le corps dès sa mort perd naturellement un certain volume qui n’a bien entendu rien à voir avec un supposé poids de l’âme.

 

Rites funéraires, tous égaux face à la mort ?  #1 L’Afrique Subsaharienne.

 

Le voyage des âmes

 

La mort dans la culture Africaine est une étape de transition vers un autre monde. Elle n’a rien de définitive comme en Occident mais au contraire elle est bien une continuation d’une forme de vie dans l’au-delà.

La préparation du défunt pour l'enterrement passe par plusieurs étapes. L'objectif principal de ces rituels funéraires dans la société traditionnelle africaine est d’aider le défunt pour la réussite de son passage vers l’au-delà et ainsi lui permettre de rejoindre le monde des ancêtres afin qu’il puisse y passer l’éternité à leurs côtés. La période de deuil doit d’ailleurs permettre la levée de l’âme du défunt vers le bon chemin. Il n'y a ni ciel ni enfer. Il y a la vie et la mort.

 

 Tous les participants au rite sont entièrement dévoués au défunt. Si la personne est décédée d'une mort dont les causes sont non élucidées, il est important d'interroger son esprit afin d’en connaître la cause. La pratique de cette « enquête funéraire » sous forme rituelle continue d'exister de nos jours dans de nombreux pays d'Afrique : Elle rassemble tous les membres de la famille [selon la croyance populaire, dans certains cas, le sorcier du village ne peut pas aider le défunt à le faire entrer dans l’autre monde s’il n’a aucun lien de parenté avec celui-ci.] Afin de « demander » à la victime qui est coupable de sa mort. Deux porteurs sont choisis dans l’entourage familial afin d’accompagner le corps jusqu’à sa dernière demeure. Le pasteur entonne des chants rituels à laquelle la famille du défunt fait écho. Tout à coup ceux qui portent le corps, commencent spontanément à se convulser, puis rapidement c’est l'ensemble du village qui se met à courir. Les porteurs s’arrêtent brusquement et se figent devant l'un des membres du village. Maintenant tout est clair. C'est lui qui a ôté l'âme du défunt. Afin que l'âme s’élève sereinement et librement, des protecteurs lui sont destinés afin de l’accompagner lors du passage vers l’autre monde : des statuettes funéraires ou des « animaux-conducteurs » (chez les dogon le singe ou le chien). Avant le deuil, les proches doivent attendre quelques heures afin de s'assurer que l'âme ne souhaitera pas revenir et qu’elle quittera définitivement le corps. Le défunt est alors déposé en position assise ou couchée à l’extérieur de la maison où il y restera quelques jours voire plusieurs mois où il sera quotidiennement enveloppé d’herbes aromatiques destiné à protéger le corps et à le parfumer comme il en était également coutume en Egypte Antique au cours de l’embaument des corps. Il est ensuite enveloppé dans un tissu, ou une peau de bête afin de procéder à l’enterrement. 

 

La tombe est creusée près du lieu d’habitation, à l'ombre des arbres, ou, dans un lieu qui parfois est tenu secret. Le lieu de sépulture dépend de l'âge et de la position sociale du défunt. On peut observer par exemple, chez les Zoulous, les plus vénérables membres de la tribu sont enterrés au sein même de la maison. Les criminels et les personnes seules sont simplement déposés dans la forêt. Dans la région du Lac Tchad, le corps, position fœtale, sera placés dans une urne d'argile. Dans le cas où les parents ne peuvent pas obtenir le corps du défunt, des rituels leurs sont destinés notamment dans les régions d’Afrique de l’Ouest. Lorsque la cause du décès n'est pas connue et que le corps du défunt n'a pas été restitué, les proches du défunt sculptent une petite effigie symbolique, la recouvre de matière blanchâtre, puis l’enterre. Si le défunt s'est noyé, le cercueil est porté sur le rivage, est versé sur les vagues un peu de rhum, est prononcé trois fois le nom du disparu, puis, un peu de sable et d’eau de mer seront utilisés afin de baptiser par aspersion le cercueil qui sera ensuite enterré dans le sol. Si une personne meurt brûlée vive dans un incendie, les cendres du corps ou les cendres de la maison ou un peu de terre prise sur le côté seront déposé dans un cercueil puis enterrés. Pour chaque cause de décès, un rituel est associé.

La plupart des peuples enterrent leurs morts au cœur même du village. Une exception cependant, comme chez les pygmées, qui enterrent leurs morts dans la forêt, les laissant dans une grotte ou dans le creux d’un arbre. La forme des tombes diffère selon les régions d'Afrique. Ils peuvent être de forme rectangulaire, ronde, en pierre, en bois etc. Certains peuples plantent un arbre près de la tombe, tandis que d'autres sont enterrés près de l'arbre.

 

En Afrique, l’art rupestre du Tassili au Sahara témoigne de l’utilisation des masques dès la Préhistoire.  Les masques occupent une place importante dans les rituels ainsi que dans l’art.

Ces masques peuvent symboliser les esprits qui ont à la fois des caractéristiques humaines et animales.

 

Le rite funéraire comprend la danse, le chant, le port de costumes traditionnels, le port de masque. Les masques impliqués dans la cérémonie des funérailles, remplissent des fonctions différentes. Ceux-ci peuvent symboliser les esprits qui ont à la fois des caractéristiques humaines et animales mais surtout représenter le défunt. Il existe un certain nombre de masques, qui sont utilisés uniquement pour le rituel funéraire. Par exemple, les masques Mpongve, peuple vivant dans les régions du sud du Gabon, symbolisent les esprits des morts. Ou encore certains masques représentant un beau visage de femme, le visage recouvert de blanc avec les yeux fermés, le visage relevé par des lèvres rouges. Les cheveux peint en noir.

 

Figure 1 Détail de peintures rupestres du Tassili

Les statuettes rituelles des ancêtres existent dans toutes les sociétés traditionnelles. Elles sont déposées sur l’autel érigée en l’honneur du défunt ou sur la tombe. Ces figurines en stéatite appelées Mintandi au Nord de l'actuel Angola et de l'Ouest de l'actuelle République démocratique du Congo sont porteuses de l'esprit du défunt. Elles dépeignent un homme, assis les jambes croisées, la tête appuyée contre la main. Quand un homme partait à la guerre ou lors d’un long périple, cette statuette était sculptée à son image afin de lui apporter protection et était gardé dans la famille en l'absence de son propriétaire. Si l'homme mourait, au moment de sa mort l’âme de l’hôte en pierre deviendrait alors sa propre effigie et continuait à protéger la famille. L’effigie était alors chérie par la famille et transmis en héritage. Elle était placée dans la partie de la maison réservée aux reliques sacrées et aux objets de valeur. Quand leurs propriétaires mourraient en ne laissant pas d'héritiers directs, ces objets de famille étaient alors placés sur sa tombe.

 

La sculpture de la déesse-mère est utilisée les anciens peuples Senoufo (Mali), avant ou après le rituel de l'enterrement. La statuette est sculptée dans la maison du défunt, puis elle accompagne le corps jusqu'à sa tombe, et là, elle est frappée sept fois sur le sol au rythme des chants rituels. Cette action permet au défunt de ne plus s’accrocher à la vie et de partir ainsi sereinement.

 A Madagascar, le peuple Mahafaly érige pour les membres décédés de grandes familles, de vastes tombes de pierres naturelles. Trente sculptures funéraires appelées alo-alo, y sont érigées, qui parfois atteigne une hauteur de plus de deux mètres. Les sculptures sont composées généralement un certain nombre de caractères différents, d'un cercle et d'un croissant, représentations des phases Lunaires. Elles doivent établir le lien avec les ancêtres.

Figure 2Madagascar, sépulture Mahafaly

Dans la société traditionnelle africaine, tous les sujets et l'action revêt une signification spéciale. Chez beaucoup de peuples d’Afrique, la coutume de se raser les cheveux après les funérailles est fréquente. Les femmes en Namibie, par exemple, en signe de deuil, se rase le crâne de chaque côté de la tête. Toutes les tribus africaines, ont des rituels funéraires bien distincts, certains se rasent entièrement le crâne, pour d’autre cela ne concernera que la moitié de la chevelure, d’autre se laisseront même pousser les cheveux.

 

La cérémonie funéraire Ndebele est également composée d’un certain nombre de symboliques importantes également. La lance par laquelle le cercueil est perforé par le fils aîné du défunt, symbolise la protection contre les différentes péripéties présentes sur la route dans le pays de leurs ancêtres. Les objets personnels du défunt sont enterrés à ses côtés, car l'on considère qu'ils font partie de lui et ne doivent appartenir à personne d'autre. Les animaux tués lors de la cérémonie, doivent accompagner le défunt et lui serviront de nourriture lors de voyage dans l’autre monde. L’ablution rituelle dans la rivière est un acte de purification permettant d’éliminer la pollution symbolique causée par la mort. Enfin, le choix rituel d’un animal symbolise une reprise de contact avec lui dans l'au-delà. C'est un rituel de la célébration humaine, en d’autres termes de la victoire sur la mort. Le défunt est « mort-vivant », le nouvel animal de compagnie représente la présence de ce « morts-vivants » dans la famille et parmi son peuple. Le mariage est d’une grande importance dans la tradition Africaine. Une personne qui n'était pas marié, n'a pas droit à la cérémonie, il est alors considéré comme ayant été vaincu par la mort. La cérémonie des funérailles est très importante, car l'on considère que le statut du défunt dans l'au-delà va dépendre de ses funérailles. En outre, la prospérité de la famille dépend aussi de la façon dont ils satisferont le défunt. Dans le cas contraire, la maladie et la malchance s’abattront sur ses proches. Par exemple, en Afrique Tropicale existaient la coutume de garder le cadavre à la maison pendant trois ans et plus, jusqu'à ce que la famille soit en mesure d'organiser un enterrement digne des ancêtres. Ce respect aux restes du défunt est typique pour les peuples de l'Afrique. "La Mort est précieuse car elle libère de l'énergie vitale et la transmet à sa famille ou à son groupe familial".

 

En conclusion il convient de rappeler que les cérémonies, les rituels funéraires prennent une part essentielle dans le quotidien de chaque peuples Africains. De la bonne exécution de ses rites traditionnels dépend le sort du défunt et de ses proches. Faisant preuve d’un formidable respect des ancêtres, c’est également l'occasion de renouer avec eux et ainsi transmettre ce respect aux générations futures.

 

Source Photographique :

Alamy photo

Sources bibliographiques et références :

New York Times, 11 mars 1907, « Soul has weight, Physician thinks », Duncan MacDougall

Elvis Elengabeka – Les funérailles chrétiennes en Afrique: études pluridisciplinaires sur la mort dans l’Afrique contemporaine KARTHALA Editions, 2014

Dieterlen Germaine. Mythologie, histoire et masques. In: Journal des africanistes, 1989, tome 59, fascicule 1-2. pp. 7-38

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