Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Anthropology, Medical Anthropology, Social and Cultural Anthropology, Forensic Anthropology, Anthropology of Religion , History of Medicine

Histoire, les Enquêtes Oubliées

Anthropology, Medical Anthropology, Social and Cultural Anthropology, Forensic Anthropology, Anthropology of Religion , History of Medicine

Jeanne d'Arc souffrait elle d'épilepsie ?

D’ARC

(Jeanne)

Domrémy, 1412, 30 mai 1431 à Rouen)

Pathologie : Epilepsie

De l’avis des scientifiques et médecins, la pathologie dont souffrait Jeanne D’Arc est claire : dans ses visions mystiques et ses « voix » nous devrions avant tout y voir une explication médicale. Ce sont les médecins italiens, le neurologue Giuseppe d’Orsi et le médecin Paolo Tinuper spécialiste biomédical et neurologique de l'Université de Bologne qui seront les premiers à évoquer dans une lettre ouverte envoyé à la revue Epilepsy & Behavior une forme bien spécifique d’épilepsie.   La lettre explique ainsi qu’après dix ans de recherches les chercheurs n'ont pas renoncé à leur hypothèse initiale : les voix supposément entendues et la vision de Jeanne d'Arc pourrait être une conséquence de la maladie, connu de nos jours sous le nom d’épilepsie idiopathique partielle accompagnée d’hallucination visuelles et auditives. « Idiopathique » signifie dans ce cas que les causes exactes de la maladie n’ont toujours pas été définies précisément, et partielle, que seule une partie spécifique du cerveau a été endommagée. Cependant cette théorie est réfutée par de nombreux Historiens. Pourquoi ? Dans la conscience collective les crises d'épilepsie sont souvent associée à des convulsions. Autrefois on croyait même à tort que les crises d'épilepsie était le signe évident d’une intelligence réduite. La médecine moderne a bien évidemment démontré le contraire. L'épilepsie est bien le résultat d’un trouble neurologique, et non mentale.

 

Jeanne au bûcher Hermann Anton Stilke. 1843

Or de Jeanne d'Arc, il n'y a aucune mention de manifestations physiques de la maladie. Au contraire, les quelques témoignages existants de l’époque décrivent une femme en bonne santé, forte, et capable de résister aussi bien qu’un homme aux affres de la guerre.

Ses témoignages relatant la force et la vigueur de Jeanne D’Arc ne contredisent en aucun son réel état de santé. En effet la maladie peut se manifester de plusieurs façons provoquant même hallucinations selon l'endroit où l’excitation électrique dans le cortex cérébral se manifeste. Parmi les cas les plus célèbres d’épileptiques comprennent des personnalités hors du commun tel que César, Napoléon, et Dostoïevski.

Il est assez intéressant de constater que les scientifiques ont des interprétations totalement différentes sur une même archive. En 1980, l'hypothèse prétendait à une tuberculose bovine tuberculose qui aurait pu causer des hallucinations et une calcification des organes internes, le cas de la tuberculose, expliquerait un autre phénomène déconcertant décrit par des témoins oculaires : Le corps de Jeanne d’Arc ainsi que son cœur aurait dû être brûler deux fois afin que ceux-ci soient totalement calcinés. La schizophrénie, trouble bipolaire, l'anorexie mentale seront également évoqués dans quelques articles scientifiques mais aucune preuve formelle n’a jamais permis d’étayer ses hypothèses. Plus surprenant encore - l'absence de toutes ces maladies est également une thèse soutenue par quelques Historiens. Le comportement de Jeanne, selon certains scientifiques, serait tout simplement caractéristiques de la psychose d’adolescente, combinée à une croyance religieuse de toute évidence exacerbée.

La clé du mystère pourrait pourtant être résolu et c’est dans ce sens que les Neurochirurgiens Giuseppe d’Orsi et Paolo Tinuper continuent de rechercher activement ce gène maquant qui pourrait se trouver simplement dans les cheveux de Jeanne : « Dix ans se sont écoulés depuis la publication de notre thèse, et nous sommes toujours à la recherche de ses cheveux ... » - ont-ils déclaré récemment.

 

http://www.epilepsybehavior.com/article/S1525-5050(16)30082-8/abstract